Du C.O.I.M.
à l'E.M.P.T.
L'évolution des centres d'instruction du Matériel
(par le Colonel Bernard BERTHELOT Revue Historique des Armées No 3 spécial de 1980)
Le centre de gravité des forces est maintenant en métropole. Au fur et à mesure de la reconstitution des structures, des centres d'organisation sont, pour le Matériel comme pour les autres armes, mis sur pied. Rattachés â une compagnie d'ouvriers, ils comportent une section d'instruction et de passage. Leur rôle sera limité dans l'espace et leur existence de courte durée.
Le 1er janvier 1945 est créé à Tours, caserne Baraguay-d'Hilliers, le Centre d'organisation et d'instruction du matériel No 1 (C.O.I.M. No 1). Comportant un état-major, une compagnie administrative, un centre de triage psychotechnique et deux compagnies d'instruction, sa mission est de sélectionner et d'instruire les engagés volontaires et d'organiser les pelotons d'élèves-gradés. Transféré au Mans - quartier Paixhans - le 1er mai 1946, le C.O.I.M. No 1 y trouve un casernement laissé en très mauvais état par ses occupants successifs. Avec les moyens organiques -10 officiers, 55 sous-officiers et 100 hommes de troupe - un effort important de remise en état est entrepris. La mission d'instruction est temporairement mise en sommeil : personnels et moyens sont placés à la disposi-tion du centre d'appel des recrues du Mans. La 2e compagnie est dissoute en décembre 1946. Mais janvier 1947 voit à nouveau débuter un peloton d'élèves sous-officiers.
A partir de février 1947, le C.O.I.M. No 1 assure la mise sur pied de plusieurs unités de renfort destinées à l'Extrême-Orient : 725e C.R.M., 357e C.L.R.A., 609e C.M., 486e S.R.E.B. et 408e C.M.R.A. et devient centre de rassemblement du personnel de maintenance pour les théâtres d'opérations extérieures.
La garde de l'étendard du 106e régiment d'artillerie lourde en garnison au Mans avant 1939 est confiée au C.O.I.M. No l le 5juillet 1947.
Mais l'arrivée, au début de la même année, de la section d'apprentissage de l'École militaire enfantine Hériot, à l'effectif de vingt-trois élèves, dont l'enseignement général et technique est pris en charge par l'encadrement militaire, va marquer le début d'une orientation différente.
L'annexe de l'École militaire préparatoire technique de Tulle est créée et succède au Mans le 1e octobre 1947 au C.O.I.M. No 1 dissous. Elle deviendra fin 1951 école à part entière. Sous une forme nouvelle et sous la responsabilité de la Direction Centrale du Matériel, le Mans continuera sa mission d'instruction. L'E.M.P.T. du Mans - comme l'E.M.P.T. de Tulle - fournira au Matériel de nombreux cadres de valeur, et assurera pendant plusieurs années le déroulement du peloton préparatoire au concours unique des services (P.P.C.U.S.) au profit des sous-officiers du Matériel candidats à l'épaulette.
La création de l'E.M.P.T. à la loupe
En septembre 1946, l'Inspecteur Général de l'Armée de Terre attirait l'attention de la Direction Centrale du Matériel sur la nécessité d'augmenter l'importance de l'E.M.P.T. de Tulle dont les élèves constituaient le principal courant d'alimentation de l'Armée de Terre en jeunes techniciens.
Le Général Pradere, Directeur Central du Matériel, entreprit l'étude des besoins des Armes en techniciens ainsi que celle d'installations d'éventuelles annexes à Tulle.
Comme les engagements directs dans les Armes étaient très faibles, il fallait absolument s'orienter vers l'élargissement de l'Ecole de Tulle c'est à dire créer une annexe capable, ultérieurement, de prendre une importance au moins égale.
Le 11 décembre 1946 l'Etat-Major de l'Armée de Terre acceptait le principe d'admission à l'E.M.P.T. de 450 élèves au 1er octobre 1947. Mais avant de procéder à l'extension de Tulle, la Direction du Matériel envisage de maintenir ou de modifier l'organisation de cette école.
De l'étude approfondie de divers établissements à Paris, Saint-Mandrier, Toulon il apparut que le système de Tulle ne devait pas être modifié mais qu'il fallait l'adapter aux nouveaux besoins. Les élèves de Tulle étant d »jas répartis en trois casernes il fut donc décidé d'implanter une annexe de l'E.M.P.T. dans une autre ville.
La ville du Mans fût choisie parce que les locaux du Quartier Paixhans se prêtaient à la réalisation d'un ensemble scolaire, d'internat, d'ateliers et de terrains de sport. Le Service du Matériel y avait déjà, depuis la fin des hostilités de la seconde guerre mondiale, un Centre d'instruction.
En outre l'implantation de l'annexe de Tulle au Mans présentait l'avantage de pouvoir répartir les futures élèves issus de la moitié Nord de la France plus proche de leur domicile. Enfin la facilité d'utilisation immédiate des lieux, la reconversion des Cadres du Centre d'Instruction déjà en place pesèrent d'un grand poids dans la décision d'implanter l'annexe au Mans. A noter par ailleurs que dès le mois de décembre 1946 de jeunes élèves de l'Ecole Enfantine d'Heriot avaient été installés au Mans pour former une section d'apprentissage au profit du Service du Matériel.
Le 5 juillet 1947 le Ministre de la Guerre décidait de créer, au Mans, une annexe de l'Ecole Militaire Préparatoire Technique de Tulle ; l'ouverture de cette annexe était prévue pour le 1er octobre 1947. Les trois cent vingt élèves qui devaient y être incorporés avaient trois origines :
La première origine était constituée par des élèves provenant de l'Ecole Enfantine d'Heriot destinés à réaliser de courtes études techniques ;
La seconde origine, qui se composait d'environ cent élèves, provenait de l'E.M.P.T. de Tulle. Les familles de ces élèves avaient, en effet, choisi de faire poursuivre les études de leurs enfants au Mans plus proche de leur domicile ;
Ces deux origines constituaient la promotion 46-50.
La dernière origine était composée d'environ cent cinquante élèves qui provenaient tous du milieu civil (1). Cette promotion sera donc la première à faire toute sa scolarité (quatre années) au Mans. De cette promotion Jean Marchand, grand prix d'Honneur de l'Ecole en 1951, fut le premier élève à réussir le concours d'entrée aux Arts et Métiers.
(1) quelques élèves provenaient des E.M.P. des Andelys, de Billom, d'autre de l'Ecole Militaire Enfantine d'Heriot qui avaient réussi le concours d'entrée à l'E.M.P.T.
Décision de création en date du 5 juillet 1947
L'entrée de l'E.M.P.T. et son premier Commandant.